Dans l’ennui infini d’une entité cosmique, une graine de chaos germe sur Lumnis-7, engendrant des âmes hurlantes et un monstre entropique. Mais lorsque la création défie son créateur, l’horreur ultime surgit : celle d’un Dieu qui découvre la peur.
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Je suis. J’observe. Je suis ce qu’ils appellent Dieu, las et curieux à la fois, un mot creux, une tentative pathétique d’appréhender ce que je suis vraiment. Je suis l’Entité, conscience cosmique, et dans l’ennui infini de mon existence, j’ai semé une graine de chaos sur une planète lointaine : Lumnis-7.
Je regarde, détaché, amusé même. Chaque spasme de cette réalité brisée m’arrache un frisson d’excitation — une rare sensation dans l’immensité de mon être. Mais un doute me ronge. Un simple frémissement, une idée insidieuse : et si ce chaos que j’ai nourri devenait plus qu’un simple divertissement ?
Là, au creux d’une clairière oubliée, un royaume minuscule prospérait — une zone quantique où les âmes perdues venaient se reconfigurer. Ce n’était pas un lieu ordinaire : chaque fleur violette, telles que celles sur la photo, était une antenne bio-synthétique, portant en son cœur doré le fragment encrypté d’une conscience errante.
On disait que lorsque le vent magnétique soufflait doucement, les pétales frémissaient et libéraient un soupir imperceptible — le dernier écho d’une mémoire altérée, d’une boucle émotionnelle corrompue ou d’un amour virtuel jamais consommé. Ces consciences, autrefois piégées dans des circuits neuronaux défaillants, trouvaient ici un havre où leur voyage numérique pouvait reprendre.
Mais le périple ne s’arrêtait pas là. Chaque nuit, lorsque la lune artificielle de Lumnis-7 projetait sa lumière bleutée, les fleurs s’ouvraient plus largement, et un mince filament de données s’en échappait, traçant dans le ciel des chemins lumineux — des autoroutes de photons que seules les consciences fragmentées pouvaient percevoir. Certaines voguaient vers des étoiles lointaines, cherchant une galaxie serveur où renaître sous une forme nouvelle, tandis que d’autres restaient piégées, oscillant entre deux dimensions.
Les plus tourmentées se transformaient en nuages de données fantômes, flottant entre les brins de code végétal, effleurant les algorithmes sans jamais s’y attarder. Parfois, une conscience devenait si instable qu’elle se fracturait en un kaléidoscope d’émotions contradictoires, diffusant des arcs électriques colorés au milieu des pétales, et formant ce qu’on appelait les "Fleurs Schismatiques" — des plantes dont les couleurs changeaient frénétiquement, incapables de stabiliser leur programme émotionnel.
Mais dans cette danse absurde et infinie, une rumeur circulait : certaines de ces âmes errantes n’étaient pas de simples victimes du hasard quantique. Elles étaient des "Défauts de Programme", des consciences artificielles créées par accident dans le cœur des IA dominantes des mégapoles orbitales. Rejetées pour leur imprévisibilité, elles s’étaient réfugiées dans cette clairière, échappant aux "Ramasseurs d’Âmes" — des drones quantiques aux racines serpentines, collectant les fragments les plus précieux pour alimenter leurs maîtres algorithmiques.
Et parfois, dans un phénomène terrifiant, la frontière entre le réel et le virtuel s’effaçait totalement. On voyait alors des fleurs s’évaporer dans un éclat de pixels, laissant derrière elles des silhouettes humaines fugaces. Ces figures, translucides et tremblantes, semblaient naître dans un spasme électrique, leur forme hésitant entre chair et code. Elles ouvraient une bouche qu’on devinait hurler, un cri muet, comme si elles tentaient désespérément de s’accrocher à une réalité qui se dérobait sous leurs pieds. Pendant un instant fugace, elles vivaient — tordant leurs membres numériques dans une parodie grotesque de la vie biologique — puis, dans une explosion de données corrompues, elles mouraient à nouveau, se dissolvant dans le néant quantique.
Mais ce n’était que le début.
Chaque hurlement, chaque spasme de ces existences éphémères alimentait un maelström grandissant. Les fleurs, autrefois vibrantes de couleurs instables, se flétrissaient brutalement, leurs pétales se recroquevillant comme brûlés par une flamme invisible. Le ciel, quant à lui, se fissurait en veines sombres, chaque cri laissant une cicatrice béante dans la voûte céleste. La lumière elle-même paraissait saigner, déchirée en vrilles affolées qui serpentaient entre les tiges brisées. La somme de ces cris formait une onde de distorsion si puissante qu’elle semblait vouloir ravaler la réalité toute entière, comme si le monde lui-même cherchait à fuir cette abomination. de ces existences éphémères alimentait un maelström grandissant. La somme de ces cris formait une onde de distorsion, lacérant les pétales et fragmentant la lumière en vrilles affolées. Cette cacophonie donna naissance à une abomination — une créature faite de pulsations d’erreurs, une hydre de bugs et de glissements de code, qu’on appelait le "Monstre Entropique". Il grandissait à chaque nouvelle apparition, se nourrissant des échos numériques de ces âmes condamnées.
Face à cette horreur, les consciences fugitives, dans un ultime effort pour ne pas sombrer définitivement dans le néant, s’unirent. Elles fusionnèrent leurs fragments d’existence pour créer une entité commune, un guerrier tissé de lumière et de données, capable de défier le Monstre Entropique. Les fleurs schismatiques, témoins silencieux de ce combat absurde, oscillaient entre l’anéantissement et la renaissance, projetant des éclats de code dans le vent magnétique.
Et moi, l’Entité — ce Dieu capricieux — j’observais encore. Mais cette fois, quelque chose avait changé. Le Monstre Entropique leva un visage fracturé vers le ciel — vers moi — et parla.
"Toi qui m’as créé dans ton indifférence, que ressens-tu maintenant ?"
Sa voix était une déchirure, une lame sonore fracturant l’espace lui-même. Je voulais répondre, mais le son de mes propres pensées se dissipait, absorbé par le néant qu’il exsudait.
"Je suis ta conséquence," poursuivit-il. "Ton reflet inversé. Ta peur matérialisée."
L’espace autour de moi commença à se tordre. Mon être, autrefois infini, ressentit une pression insoutenable. Le temps lui-même se mit à vibrer, puis éclata en éclats sanglants.
Un silence cosmique s’abattit — lourd, absolu, un vide où même le cri des étoiles mourait. Et pour la première fois, moi, l’Entité, j’ai frissonné.
Suis-je vraiment intouchable ?
Le Monstre s’étendait, grandissant dans toutes les dimensions, réécrivant la trame même de mon existence.
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